Les trolleybus à Metz

Les trolleybus à Metz

Le trolleybus voit le jour à Metz après la seconde guerre mondiale. A la fin du conflit, le réseau est à genoux : ponts, voies et caténaires détruits, matériel roulant saboté avant la Libération, finances dans le rouge. Après 11 mois sans transports en commun sur Metz, la Régie remet en service le 1er août 1954 une ligne de bus entre la République et Devant-les-Ponts avec deux bus de location, puisque les 6 bus d’avant-guerre sont hors d’usage et les bus promis par les Britanniques ne sont jamais arrivés. Le tramway est rétabli le 15 semptembre 1945 sur République ↔ Montigny, Ancienne Gare ↔ Frescaty et République ↔ Sablon.

Le projet de trolleybus, mis en stand-by à cause de la guerre, est remis à l’ordre du jour en 1947. La Régie des Tramways de Metz (TM) privilégie le remplacement des tramways par des trolleybus et non par des bus parce qu’à Metz, l’électricité est elle aussi fournie par une régie municipale. Cependant, l’opposition des Beaux-Arts à l’installation de bifilaires en centre-ville retarde le projet, alors que le trolleybus reprenant le tracé du tramway, il « suffisait » de remplacer la caténaires par les bifilaires.

L’exploitation des tramways depuis 1945 devient de plus en plus compliquée : le matériel roulant survivant vieillit, l’offre est limitée par manque de matériel roulant, les finances de la ville empêchent l’extension du réseau et du fait de la destruction des ponts, les tramways ne peuvent plus rejoindre le dépôt et l’entretien se fait sur une voie de garage en fosse spécialement construite… place de la République ! Par ailleurs, le réseau était construit à voie unique et le nombre réduit d’évitements limitait l’augmentation de l’offre.

La régie et la ville finissent par adopter un projet de modernisation du réseau en mai 1947 : trolleybus sur les lignes les plus fréquentées, autobus sur les lignes complémentaires. La construction de la bifilaire place d’Armes oblige à couper la caténaire du tramway, condamnant un peu plus ce mode de transport.

Le 14 septembre 1947, le trolleybus est mis en service sur la ligne de bus H République ↔ Devant-les-Ponts. 12 Vetra VBR exploités à deux agents avec montée par l’arrière sont alors mis en service. Dès le 21 décembre suivant, la trolleybus remplace la ligne de tram A République ↔ Montigny-St-Quentin. La ligne de trolley prend l’indice A Montigny-St-Quentin ↔ Devant-les-Ponts. Le 15 août 1948, le tramway roule pour la dernière fois : la ligne C République ↔ Sablon est remplacée par des bus et la ligne B Ancienne Gare ↔ Frescaty est remplacée par des trolleybus et est prolongée de quelques centaines de mètres jusqu’à République. La ligne est prolongée dès le 31 août jusque Longeville en utilisant les bifilaires de la ligne A jusqu’au Pont de Fer. Le 14 septembre 1948, le réseau des « Tramways de Metz » prend l’appellation de « Transports en Commun de la Région Messine ». En 1949, 6 Vetra VBRh à pavillon surélevé et exploité à deux agents sont mis en service. Le 6 mars 1949, la ligne B est prolongée de Longeville à Maison-Neuve en remplacement de la ligne de bus I. A cette même occasion des indices de ligne à lettre sont remplacés par des chiffres et les lignes A et B deviennent les lignes 1 et 2.

En 1951, la ligne 1 est prolongée jusque Moulins-Algers et en 1952 la ligne 2 est déviée pour desservir la gare. En 1953, la moitié sud de la ligne 3 est électrifiée entre la République et le Sablon avec une boucle par la cathédrale et le quai Paul Vautrin et prend le numéro 2 entre Sablon et Maison-Neuve, la section République ↔ Frescaty prenant le numéro 3. Mais 8 mois plus tard en juillet 1954 l’exploitation de la section Sablon ↔ République est abandonnée et la ligne 2 redevient Frescaty ↔ Maison-Neuve. La même année est acquis le prototype du Vetra VBC. A partir 1956, la plupart des VBR et VBRh sont modernisés par les ateliers TCRM : remise en peinture, pose d’un carénage de toiture, pose de vitres à impostes ouvrables, installation d’une girouette arrière. Le VBR n°407 fut cependant modernisé par le carrossier Gangloff à Colmar suite à un accident en 1954.
En décembre 1956, les pénuries de gasoil contraignent les TCRM à modifier quelques semaines durant le réseau : la ligne de bus n°3 est coupée en deux. La section République  ↔  Sablon est (à nouveau) exploitée en trolleybus, tandis que la section Place d’Armes  ↔  Metz Nord reste exploitée en bus et prend le numéro 5… La ligne 5 Place d’Armes  ↔  Magny étant tout bonnement suspendue. La réseau retrouve sa situation antérieure à la fin de la crise du canal de Suez. La même année, un vingtième trolleybus est acquis : un Vetra CS48 ex-Strasbourg et ex-prototype datant de 1938. Cependant, ce bus n’aurait jamais circulé sur le réseau TCRM et serait resté stationné au dépôt jusqu’en 1961 où il a été revendu au réseau de Poitiers.

En 1964, le réseau de trolleybus s’essouffle. Le matériel roulant arrive en fin de vie, et les TCRM ne prévoient pas de recourir au trolleybus pour assurer l’expansion rapide du réseau. De plus, les sous-stations héritées du tramway datent de 1901 et deviennent vétustes et Vetra, constructeur national, ferme ses portes et les pièces deviennent introuvables.

Dès la rentrée 1965, la ligne 2 est remplacée par des bus. Le 30 avril 1966 est le dernier jour d’exploitation de la ligne 1 en trolleybus. 15 SC10 neufs et exploités à agent seul remplacent les derniers trolleybus.

Exploitation

L’ensemble des trolleybus étaient exploités avec deux agents (un conducteur et un receveur) et la montée s’effectuait par la porte arrière. La tarification était la même que pour les bus ; c’est à dire une tarification par sections.

Les véhicules étaient basés au dépôt TCRM de la route de Thionville comme l’ensemble des véhicules du parc. Une voiture échelle Ford avait été acquise spécialement pour l’entretien des bifilaires, et une dépanneuse américaine immatriculée 622 Q 57 pouvait remorquer si besoin les trolleybus.

Sur la ligne 1, le terminus Moulins-Alger n’était desservi qu’aux heures de pointe. Aux heures creuses les trolleybus effectuaient leur terminus à Montigny-St-Quentin. Même situation sur la ligne 2, où Maison-Neuve était desservie aux heures de  pointe et Longeville était le terminus partiel aux heures creuses.

Etat de parc

NuméroModèleMise en serviceRéformeImmatriculationObservations
401Vetra VBR19471965-1966601 Q 57Modernisé en 1958
402Vetra VBR19471965-1966602 Q 57Modernisé en 1958
403Vetra VBR19471965-1966603 Q 57Modernisé en 1958
404Vetra VBR19471965-1966604 Q 57Modernisé en 1958
405Vetra VBR19471965-1966605 Q 57Modernisé en 1956
406Vetra VBR19471965-1966606 Q 57Modernisé en 1958
407Vetra VBR19471965-1966607 Q 57Modernisé avec une nouvelle carrosserie en 1954 chez Gangloff suite à une avarie.
408Vetra VBR19471965-1966608 Q 57Modernisé en 1956
409Vetra VBR19471965-1966609 Q 57Modernisé en 1957
410Vetra VBR19471965-1966610 Q 57Modernisé en 1957
411Vetra VBR19471965-1966611 Q 57Modernisé en 1956
412Vetra VBR19471965-1966612 Q 57Modernisé en 1956
413Vetra VBRh19491965-1966613 Q 57Modernisé en 1956
414Vetra VBRh19491965-1966614 Q 57Modernisé en 1956
415Vetra VBRh19491965-1966615 Q 57
416Vetra VBRh19491965-1966616 Q 57Modernisé en 1961
417Vetra VBRh19491965-1966617 Q 57Modernisé en 1962
418Vetra VBRh19491965-1966618 Q 57Modernisé en 1956
419Vetra VBC19541965-1966265 CF 57Prototype construit en 1953 sur base de Chausson AP52.
420Vetra CS4819561961Ex-Strasbourg. Revendu à Poitiers.

Le réseau

NuméroTracéOuvertureFermetureHistorique
1Moulins-Alger ↔ République ↔ Devant-les-Ponts14/09/194730/04/196614/09/47 : section République ↔ Devant-les-Ponts
21/12/47 : section République ↔ Montigny-St-Quentin
1951 : section Montigny-St-Quentin ↔ Moulins-Alger
2Frescaty ↔ République ↔ Maison-Neuve15/08194801/09/196515/08/48 : section République ↔ Frescaty
31/08/48 : section République ↔ Longeville
06/03/49 : section Longeville ↔ Maison-Neuve
26/09/52 : desserte de la gare
3Sablon ↔ République22/11/195331/12/195622/11/53 : section République ↔ Sablon.
Exploitée en bus du 12/07/54 au 01/12/56

Vestiges

Il ne reste aujourd’hui quasiment plus de vestiges. Le principal souvenir de cette époque est la voiture échelle Ford, toujours entreposée par la ville de Metz, mais dans un état très passable… Ses insignes Ford ont même « disparu » fin 2014.
Les bifilaires ont été démontées dès l’arrêt de l’exploitation et le dépôt des trolleybus a été démoli en 1990. L’œil averti notera cependant que quelques ancrages de bifilaires sont toujours fixés à certaines façades de l’hyper-centre, en particulier à proximité de la cathédrale.